Dans "Camping", ils incarnent deux vacanciers de la France profonde.
Mathilde Seigner, en droguiste cocue, et Franck Dubosc, en drageur pathétique, nous emmènent en camping. Dansl la grisaille parisienne, ils sont intarissables sur ce film de vacances folklo et rigolo.
Franck, pour votre premier film comme scénariste, vous vous êtes attribué le même personnage de drageur que dans vos spectacles. Pas peur de lasser?
FD: Patrick Chirac est un dérivé de mon personnage de scène : c'est surtout un pauvre type dragueur, un imbécile heureux. Ce gars est un peu ma carte de visite. Sans lui, pour l'instant, je crois que je n'ai pas grand intérêt!
MS: Et sutout, tu nous fais vachement marrer! Si on va par là, Fabien (Onteniente, le réalisateur, ndlr) a aussi utilisé mon côté gouailleur. Quand je tape ma crise à mon mari au resto et que je montre mon cul à tout le monde, c'est du sur-mesure. C'est ça qui est drôle.
Vous montrez aussi vos seins!
MS: Je ne suis pas pudique. J'ai pas mal minci, je me sens mieux dans mon corps... Je ne suis pas compliquée comme nana.
Mathilde, vous avez été élevée dans les quartiers chics de Paris ; vous, Franck, dans un milieu modeste de la banlieue lilloise. Cette rencontre, ça donne quoi?
FD: Un respect mutuel. Mathilde est une bourgeoise dévergondée et moi un prolo snob, on se trouve.
MS: Pas faux. J'ai un côté populaire totalement assumé. J'ai les goûts de madame tout-le-Monde. Je regarde "Y a que la vérité qui compte", par exemple.
Avec un film sur le camping, vous n'avez pas eu peur de tomber dans le cliché et la démogogie?
MS: Oh là là! Je ne me prends pas la tête comme ça! C'est un film de vacances, qui apporte du rire et du soleil. Mission accomplie. Et mon personnage, c'est la Française de base.
FD: On se moque gentillement. J'ai campé jusqu'à l'âge de 36 ans. J'ai de la tendresse pour cette France profonde. Patrick Chirac ressemble à mon père avec son petit maillot et ses claquettes. Jacky le râleur (Claude Brasseur, ndlr) existe vraiment en moins bougon, sa femme Laurette se fringue comme ma maman... D'ailleurs, quand elle a vu le film, elle a rit et a été émue.
Mathilde, ça vous a donné envie de faire du camping?
MS: Ah, on oublie tout de suite! Je déteste la promiscuité et les bestioles.
Quels souvenirs gardez-vous du tournage?
FD: Tout était détendu. On a tourné en été à Arcachon, il y a pire.
MS: Ce n'était pas toujours facile. Je venais de me séparer de Fabien... On a quand même réussi à gérer les tensions malgré les étincelles. Au final, on s'entend très bien et on fêtera la sortie du film ensemble.
Vos deux personnages vivent une crise dans leur couple. Dans la vie, vous en êtes où côté coeur?
FD: (amusé) Célibataire, bien sûr!
MS: Moi aussi. C'est un choix de repos si vous le premettez. J'ai dit "pouce"! Maintenant, je suis apaisée, moins revendicative et prête à construire. Je ferai des efforts. Promis.
Des vacances idéales...
MS: Une maison dans le Sud de la France avec une piscine, des amis, le bruit des cigales et l'apéro sur le coup de 19h.
FD: Seul le mot vacances me fait rêver car je suis en tournée depuis plusieurs mois avec "Romantique", mon spectacle.
Propos recueillis par Nathalie Vigneau
Source : "Télé Star" du 29.04.06 au 05.05.06